Changer de bocal pour
Changer la société

La société que nous vivons

 

Le système social

1. Concentration urbaine
2. Santé et sécu
3. Travail, petits boulots
et auto-exploitation
4. Retraite

5. Fiscalité

6. Ecole et Education
7. Inégalités

 

Résumé

Depuis la nuit des temps, une élite restreinte a présidé au destin de la multitude humaine. Les révolutions sociales, les luttes paysannes et ouvrières ont permis de sortir de l'esclavage et de faire valoir les droits de l'homme. Mais l'élite dominante n'a cependant jamais cessé de restreindre les droits acquis.
La sécurité sociale comme le droit à la retraite sont grignotés de toutes parts, les salaires et les conditions de travail sont mis à mal par le chômage et la précarité, l'imposition (directe et indirecte) vient alimenter des dépenses de l'Etat qui profitent essentiellement aux nantis (cadeaux aux entreprises).
Pour se rapprocher des bassins d'emploi, les populations se sont entassées dans les villes et subissent mal logement, mal bouffe, insécurité et pollution.
L'éducation n'a plus pour objectif d'élever le niveau de conscience mais de préparer les jeunes à subir la société de consommation.

 

Le système social découle du système économique

Le système social est caractérisé par des inégalités croissantes et un accès de plus en plus difficile à des fondamentaux comme le logement, la nourriture, les soins médicaux. Pendant ce temps l'industrie du luxe se porte bien, les restaurants étoilés Michelin sont bien remplis. Les individus s'entassent dans les villes, dont l'air devient irrespirable, et s'ignorent en vivant côte à côte.

A quoi peuvent bien être dûs "malêtre" et "malbouffe"?

 

1. La concentration urbaine

A la fin du 18ème siècle, 80% des Français vivaient à la campagne. Aujourd'hui, ce rapport s'est inversé et la France, comme d'ailleurs ses voisines européennes, n'a jamais été aussi urbanisée: 5 Français sur 6 vivent à l'intérieur ou en périphérie d'une agglomération urbaine (banlieues).

Conséquences:

  • Mal logement: concentration dans les tours des banlieues populaires
  • Distance domicile-travail
  • Le temps du transport augmente, le temps disponible diminue
  • Le coût des déplacements vient réduire le budget disponible
  • Le transport impacte fortement l'environnement, ce qui entraîne un
  • Fort impact sur la santé, notamment à cause de la dégradation de la qualité de l'air.

 

2. La santé, le business et la sécu

"Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux."
Déclaration universelle des droits de l'homme - 1948

Pourtant, dans les faits, le système déjà inégalitaire le devient de plus en plus puisqu'il permet des déductions forfaitaires du remboursement des soins.
---> forfait de 1 euro sur la consultation chez le médecin de ville;
---> forfait hospitalier de 18 euros;
---> forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91 euros;

---> La franchise médicale est une somme qui est déduite des remboursements de médicaments, d'actes paramédicaux et de transports sanitaires. Le montant déduit des remboursements se cumule avec la participation forfaitaire: 0,50 € par boîte de médicaments, flacon ou préparation; 0,50 € par acte paramédical (tous les actes effectués par les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les orthophonistes, les orthoptistes et les pédicures podologues); 2 € par transport sanitaire, pour chaque trajet (soit 4 € pour un aller-retour). Sans compter les dépassements d'honoraires.

Or, les déductions forfaitaires, par définition non liées aux revenus, pèsent beaucoup plus sur les faibles revenus que sur les revenus élevés. Selon Pierre-Yves Geoffard, Directeur de recherche au CNRS, le "reste à charge représente 8% des revenus pour les 10% de patients les plus pauvres, alors que pour les 10% les plus riches il ne pèse que 0,5% de leurs revenus".

"Trouverait-on normal que Liliane Bettencourt ait droit à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) si elle la demandait?" s'interroge de son côté Claude Le Pen, professeur à l'université de Paris-Dauphine. Nous assistons donc à la mise en place progressive d'une santé pour les riches.

La santé (financière) du business médico-pharmaceutique

A l'heure des scandales touchant l'industrie pharmaceutique il serait temps de se demander à qui profite l'exploitation de la maladie.

La course aux profits plantureux pousse certains industriels à des pratiques délictueuses: Mediator, Distilbène, Vioxx, Diane 35, ...

L'industrie pharmaceutique ne se contente plus de vendre ses médicaments au seul cercle restreint des "vrais" malades. A grand renfort de marketing (Lobbying, visiteurs médicaux, revues, brochures et spots télévisés...) ils arrivent à persuader que "toute personne bien portante est un malade qui s'ignore" et nécessite donc de se faire soigner. La parapharmacie prend une place de plus en plus grande dans les officines, et s'installe en libre service dans la grande distribution.

La recherche publique et fondamentale dans le domaine de la santé n'est quasiment plus financée. D'où la nécessité de recourir à la collecte de dons (Téléthon, ARC, ...) L'industrie pharmaceutique finançant ses propres recherches, il est évident que les recherches visent le profit à tirer des nouvelles molécules avant le bénéfice pour les malades. Ces derniers ne sont plus que les vulgaires consommateurs nécessaires à la réalisation de ces profits.

Les étudiants en médecine ne choisissent plus cette discipline par vocation, pas plus que pour mettre en pratique le "serment d'Hippocrate" lequel exigeait des jeunes médecins [... ] de diriger le régime des malades à leur avantage [...] de s'abstenir de tout mal et de toute injustice [...] de passer sa vie à exercer son art dans l'innocence et la pureté. Ce serment ne serait-il pas devenu aujourd'hui un serment d'hypocrite?

Les jeunes médecins refusent aujourd'hui d'exercer dans les zones qui ne leur apportent pas, à proximité immédiate, suffisamment de commodités et de loisirs. Avant de s'installer dans ce que l'on appelle aujourd'hui des déserts médicaux, ils exigent des municipalités la fourniture gratuite d'un cabinet équipé, des horaires fixes et un logement personnel, le tout sans aucun engagement, notamment de durée.

Et pendant ce temps...

L’hôpital de Quimperlé dans le Finistère a rémunéré un médecin absent pendant 30 ans. Source: Ouest-France.

 

3. Privatisation intégrale du travail, petits boulots et auto-exploitation

En plus du chômage, notre système est en train de créer une nouvelle catégorie sociale: Les travailleurs des petits boulots dégradés. Une aubaine pour le patronat qui pousse à la dérégulation du travail et rêve d'en finir avec le salariat.

Les auto-entrepreneurs

Il s'agit d'inciter les demandeurs d'emploi - et aussi ceux qui en ont assez de leur condition de salariés soumis à un patron ou à une hiérarchie qu'ils ne supportent plus - à se lancer dans la création de leur propre emploi indépendant. L'Etat a créé pour eux, en 2008, un statut sur mesure et alléchant:

  • Démarches administratives légères à la création,
  • Pas besoin d’apport de capital,
  • Cotisations sociales proportionnelles au chiffre d'affaires (ni cotisation ni impôt si pas de recettes),
  • Aucune obligation de publication de comptes,
  • Franchise de TVA
  • Cumul possible avec une activité salariée.

Certains patrons proposent même à leurs salariés de devenir prestataires indépendants pour effectuer leur travail habituel: Le patron y trouve la flexibilité de l'emploi, n'a plus à payer de cotisation sociales, ni indemnités de licenciement en cas de désaccord. L'ex salarié devient maître (en théorie seulement) de l'organisation de son travail, paie lui-même ses cotisations et gère son temps de travail. Mais il perd toute garantie d'emploi, de salaire et de retraite.

C'est l'application de ce nouveau statut d'auto-entrepreneur qui a permis la mise en place des plateformes - telles Uber - dans le domaine des taxis (VTC), des livraisons de colis ou de repas à domicile, de distribution de matériel publicitaire...

Les travailleurs de ces plateformes sont indépendants juridiquement mais dépendants réellement (en fait: sous traitants) du travail fourni par les plateformes , ainsi que le fait remarquer un auto-entrepreneur concerné: "Pour arriver à un salaire intéressant, il faut travailler une soixantaine d’heures par semaine. Sur ce revenu, il faut payer environ 23% d’impôts au titre de l’auto-entrepreneuriat. L’arnaque totale. T’es taxé alors que eux, tes patrons, ils ne paient aucune cotisation sociale."

Les auto-entrepreneurs peuvent être: cireurs de chaussures, nettoyeurs, ménagères et aides à domicile payées directement par le client et subventionnées par les crédits d'impôts,...

Les stagiaires à tout faire

D'autres petits boulots sont assurés par des stagiaires "sous contrat de professionnalisation". Leurs employeurs sont souvent les grandes surfaces (subventionnées par l'Etat) et leurs boulots consistent à remplir les rayons et faire du nettoyage.

Les employés des services civiques

Le Service Civique, indemnisé 573 euros net par mois (2016), peut être effectué auprès d’associations, de collectivités territoriales (mairies, départements ou régions) ou d’établissements publics (musées, collèges, lycées…), sur une période de 6 à 12 mois en France ou à l'étranger, pour une mission d'au moins 24h par semaine. Un engagement de Service Civique n'est pas incompatible avec une poursuite d'études ou un emploi à temps partiel.

Tous ces "aménagements" visent d'une part à dégonfler artificiellement les chiffres du chômage, et d'autre part à réduire progressivement les obligations des employeurs envers leurs employés. Le statut d'auto-entrepreneur donne aux individus l'impression de devenir entièrement maîtres de leur vie. En réalité il s'agit d'un transfert (déguisé) des contraintes de l'employeur vers l'individu lui-même et donc d'un miroir aux alouettes.

La révolte des chauffeurs VTC (alternative aux taxis classiques) contre les plateformes (dont Uber) le montre très bien: ils dénoncent un système "d'esclavage moderne".

Un processus inédit de privatisation intégrale du travail est d'ores et déjà engagé. A terme il n'y aura plus de salariés embauchés, ni en CDD ni en CDI. Il y aura seulement des individus, tous indépendants les uns des autres, qui proposeront leurs services aux entreprises pour une mission unique, avec un contrat individuel limité à cette mission, pour laquelle l'individu percevra un forfait TTC. Il appartiendra à l'individu de prendre ses dispositions pour assurer seul ses risques personnels: santé, accidents, chômage, retraite...

 

4. La retraite

Les retraités sont aujourd'hui considérés par le Pouvoir comme une catégorie de privélégiés nantis. Pourtant, le profil de cette catégorie est le même que le profil du reste de la société et les inégalités sont flagrantes:

  • Ainsi, un cadre à la retraite reçoit un montant total de pensions de retraite 2,4 fois plus élevé qu'un ouvrier.
  • Pendant que l'espérance de vie du cadre retraité est très nettement supérieure à celle de l'ouvrier retraité.


Espérances de retraite par catégorie sociale d'après l'observatoire des inégalités

 

Non seulement un ouvrier a une retraite beaucoup plus faible qu'un cadre, mais de surcroît il en bénéficie beaucoup moins longtemps.

L'arrivée au pouvoir de l'équipe Macron en 2016 va marquer d'une fracture profonde la conception d'une vie de travail.

Jusque là, le salarié travaillait pour un patron (qu'il soit privé ou public). Ce travail génèrait une production (matérielle ou intellectuelle). Le patron prélevait une part sur cette production pour rémunérer le salarié (salaire net) et pourvoir aux cotisations sociales diverses (réparties en part dite salariale et en part dite patronale), le tout étant, quoi qu'il en soit, générée par le travail du salarié.

Depuis la création de la Sécurité Sociale, une partie des divers prélèvements opérés sur la production des salariés actifs servait donc à assurer leur retraite à venir.

En outre, la production assurait une marge servant à rémunérer le capital investi par le patron (usine, machines,...) et à dégager un bénéfice empoché par ce même patron.

L'équipe Macron considère aujourd'hui que les charges des patrons sont trop lourdes rendant leur marge est insuffisante. L'équipe Macron décide donc (par ordonnances) que dorénavant, une partie des charges payées par le patron - mais néanmoins produites par le salarié! - seraient assumées par les retraités. Un simple jeu d'écritures comptables ou, si vous préférez, un simple jeu de vases communicants, permet de financer les allègements de charges salariales des actifs par une augmentation de la CSG prélevée sur les retraites.

Le résultat concret est que dorénavant les bénéfices du patron sont produits par les salariés qui travaillent pour lui et augmentés par les prélèvements sur les retraités.

 

5. La fiscalité est complexe, incompréhensible et injuste

La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) constitue plus de la moitié des recettes fiscales de l’État (203,9 Md€, soit 50,8%). C'est aussi l'impôt le plus injuste qui soit: Un riche et un pauvre ont les mêmes besoins de se nourrir, de se vêtir, de se loger,… Or la part que paie le pauvre représente une part de ses revenus infiniment plus grande que la part que paie le riche. Selon l'observatoire des inégalités les taxes indirectes représentent une part deux fois plus élevée du revenu des ménages les plus pauvres que de celui des plus riches.

Certains affirment avec cynisme que la TVA est un impôt égalitaire puisque chacun paie le même taux quel que soit le revenu. Mais le taux n'est pas pas une part équitable du revenu. La TVA et les taxes indirectes représentent 16,63% des revenus modestes (10% des ménages les moins aisés), alors qu'elles ne pèsent que de 7.60% dans les revenus aisés (10% des ménages les plus aisés).

Concrètement: comparons deux ménages A et B dont les revenus mensuels sont de 1 500 € pour A et 5 000 € pour B. Chacun achète un ordinateur identique à 600 € TTC (soit 500 € HT + TVA à 20% = 100 €). Les 100 € de TVA vont peser 6,66% dans le budget du ménage A et seulement 2% dans le budget du ménage B.

Par ailleurs, si chaque ménage a un enfant, le ménage A va dépenser la totalité de ses revenus pour satisfaire l'ensemble de ses besoins élémentaires (alimentation, habillement, logement, santé, …) Il ne pourra rien épargner. Pendant ce temps le ménage B pourra dépenser beaucoup plus pour les mêmes besoins et pourra encore épargner une bonne part de ses revenus. Cette épargne échappera donc à la TVA. Mieux encore: investie en actions ou autres produits financiers elle rapportera des intérêts.

En plus d'être injustes, les taxes indirectes sont sournoises puisque cachées. Beaucoup de gens qui n'ont qu'un faible revenu sont exonérés de l'impôt sur le revenu. De ce fait ils croient qu'ils ne paient pas d'impôts. Erreur! Chaque fois qu'un consommateur passe à la caisse d'un magasin il laisse, sans le savoir, une part qui va à l'Etat: cette fameuse TVA. Pourtant il n'a pas l'impression de payer des impôts... car la TVA est cachée dans le prix TTC.

D'autres taxes forfaitaires sont encore plus injustes, comme la redevance audiovisuelle. Son montant est fixe quels que soient les revenus et quel que soit le matériel audiovisuel utilisé.

 

 

Divers autres moyens sont utilisés pour rendre les impôts plus ou moins invisibles et plus ou moins indolores, comme la mensualisation et le prélèvement automatique. Donner un peu chaque mois provoque moins de "hauts le coeur" que d'avoir à payer des grosses sommes. Et les prélèvements automatiques devenus routine passent, à la longue, presque inaperçus.

L'impôt sur le revenu ne représente qu'un peu moins de 20% des recettes de l'Etat.

L'évasion fiscale: On savait déjà que les grosses entreprises - et d'une manière plus générale les riches - bénéficient de "niches fiscales" qui leur permettent d'échapper en toute légalité aux impôts par un procédé dit "d'optimisation fiscale". Ces dispositions avantageuses sont pourtant jugées insuffisantes par certains riches qui recourent à une seconde pratique, l'évasion fiscale, pour détourner des sommes colossales des recettes de l'Etat. En novembre 2017 un groupe de 400 journalistes d'investigation du monde entier dévoilent de nouveaux éléments sur les pratiques d'optimisation fiscale menées par des cabinets d'avocats pour le compte de grandes entreprises et de particuliers fortunés de ce monde. Il s'agit des révélations des "Paradise Papers". Ces fuites révélent que cette évasion fiscale fait perdre à la France 20 milliards d'euros chaque année. 350 milliards au niveau mondial.
Source La Tribune.

Voici la liste des 19 paradis fiscaux mondiaux concernés: Antigua-et-Barbuda, Aruba, Bahamas, Barbades, Bermudes, Dominique, Grenade, îles Caïman, îles Cook, îles Marshall, Labuan, Liban, Malte, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Samoa, Trinité-et-Tobago et Vanuatu.

Le secret fiscal: Destiné à "protéger les contribuables", le secret fiscal est défini dans le code pénal, à l’article 226-3, comme un "secret professionnel". Sa violation est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. "Le secret professionnel [est] destiné à protéger les intérêts des particuliers (…). Le fonctionnaire doit le conserver vis-à-vis de son administration, y compris son supérieur hiérarchique", précise le guide de déontologie de l’administration fiscale.

Bercy garde la main sur le secret fiscal grâce à son précieux "verrou", un monopole en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale. Concrètement, seul le ministère dispose du droit de déposer plainte contre un individu soupçonné de malversations fiscales, un procureur ou une partie civile ne le pouvant pas. Source: Le Monde 18.10.2017

Sources: http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/ressources-depenses-etat/ressources/quels-sont-differents-impots-percus-par-etat.html

 

6. Ecole et Education

"L'objectif premier de l'éducation est évidemment de révéler à un petit d'homme sa qualité d'homme, de lui apprendre à participer à la construction de l'humanitude et, pour cela, de l'inciter à devenir son propre créateur, à sortir de lui-même pour devenir un sujet qui choisit son devenir, et non un objet qui subit sa fabrication." Albert Jacquard dans "L'héritage de la liberté"

 

... un sujet qui choisit son devenir:

Le rôle de l'éducation est en effet d'assurer à chaque individu le développement de sa capacité à comprendre et, à partir de là, sa capacité à se construire par lui-même afin de lui permettre d'affronter sa vie personnelle, de la gérer pour devenir un citoyen libre, éclairé et responsable.
Pour être libre, il faut pouvoir choisir. Et pour choisir, il faut savoir, il faut connaître. Plus on apprend, plus on devient libre; libre de choisir son métier, libre de choisir son mode de vie, libre de construire son avenir.

Plutôt que d'apprendre par accumulation de connaissances, il est plus important d'apprendre à apprendre. C'est-à-dire apprendre à chercher le savoir, apprendre à utiliser le savoir acquis pour aller chercher de nouveaux savoirs.

... un objet qui subit sa fabrication:

Or l'école est, avant tout, une machine à emmagasiner du savoir dont l'essentiel consiste en dogmes et en principes. Pour le comprendre, rafraîchissons-nous un peu la mémoire:

La mystique et la culture populaire attribuent l'invention de l'école à Charlemagne, au 8ème siècle: Ayant besoin de fonctionnaires qualifiés et de moines pour exercer un contrôle politique et propager la foi chrétienne dans ses provinces, il mit en place un système éducatif élémentaire gratuit afin d'apprendre à chanter, lire et compter…

Pendant 11 siècles l'éducation est restée l'apanage du clergé, jusqu'à ce que Jules Ferry proclame la laïcité en 1881, rende l'école gratuite et obligatoire de 6 à 11 ans et supprime l'éducation religieuse dans l'enseignement public. Le premier ministère de l'Éducation Nationale ne verra le jour qu'en 1932.

Ainsi donc, pendant 11 siècles le moule de l'éducation sera un moule religieux, essentiellement chrétien et catholique qui aura pour effet d'inféoder les Français aux principes et aux dogmes de la religion. Aujourd'hui environ 80% de l'effectif scolaire (primaire + secondaire) sont scolarisés dans le public.
Source : Études et statistiques de la Depp

Les établissements d'enseignement privés étant soumis au contrôle de l'État (tutelle de l'Education Nationale) on pourrait donc penser que dorénavant, l'enseignement dans son ensemble, public comme privé, est entièrement au service du développement de l'enfant dans le sens émis par A. Jacquard. La réalité est assez différente.

Si l'enseignement n'est plus formaté par les principes religieux, le "projet éducatif" est établi par et pour la société de consommation:

  • les diplômes qui sanctionnent, en principe, l'acquisition d'un savoir et d'un savoir-faire, n'ouvrent plus nécessairement la porte à un emploi,
  • les vacances scolaires sont exclusivement organisées en fonction du business touristique,
  • la citoyenneté n'est pas une matière enseignée et l'autorité des enseignants est souvent mise à mal.

L'objectif n'est toujours pas de former des citoyens libres et éclairés, mais plutôt de formater des travailleurs dociles, des consommateurs canalisés et des électeurs crédules.

 

7. Inégalités

Selon l'organisation non gouvernementale Oxfam:

En 2017, 82 % de la croissance a profité aux 1 % les plus riches de la planète alors que les 50 % les plus pauvres n’en ont récupéré que des miettes.

 

En France, les 10 % les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales...

... quand les 50 % les plus pauvres se partagent seulement 5 % du gâteau.

La France est le pays des inégalités extrêmes: 8 milliardaires français détiennent à eux seuls autant que les 30% les plus pauvres.

Pourtant, ces inégalités ne sont pas une fatalité, mais le fruit de politiques publiques aggravant l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

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