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Les "Bobos"

Définition

Le dictionnaire Larousse définit le bobo comme une "personne plutôt jeune, aisée et cultivée, affichant son anticonformisme".

Le terme "bobo" est une contraction de Bourgeois-Bohème:
Bourgeois parce que le bobo en question en est issu,
Bohème parce qu'adoptant une vie de bohème, nomade et hors normes.

Les "bobos" ne constituent pas une catégorie sociale mais se caractérisent par un mode de vie particulier, aux frontières de la classe moyenne et de l'élite...

 

Dès le début des années 2000, les bobos ont commencé à se regrouper en communautés urbaines - sortes de tribus modernes - en réinvestissant les quartiers populaires, moins chers et plus conformes à leurs aspirations. Ils s'installent souvent dans des "surfaces atypiques": anciennes boutiques, usines désaffectées...

Les bobos ne forment pas une classe sociale, puisqu'ils n'ont pas d’intérêt économique commun. Ils partagent un mode de vie et un ensemble de valeurs que d'aucuns qualifient de "bien-pensance".

 

Qui sont-ils? D'où viennent-ils?


Le bobo est un individu plutôt diplômé qui doit sa réussite sociale à ses études plutôt qu'à l'héritage de son milieu. Le bobo se distingue, à la fois, du beauf et du bourgeois "mainstream". Il profite des opportunités culturelles et il est censé voter plutôt à gauche.

Le bobo est issu de la bourgeoisie... mais il manifeste certaines formes de rupture avec ses origines. Il a des revenus confortables (sans pour autant être faramineux) qui lui évitent de connaître les difficultés du peuple. Certains sont aisés et d'autres snobent les premiers.

Professionnellement les bobos sont: artistes, enseignants, journalistes, architectes, graphistes, médecins, avocats, politiciens...

Personnalités classées comme bobos

Selon un sondage réalisé en 2013 par YouGov pour Slate (voir ci-dessous), l'opinion publique classe comme bobos:

Parmi les politiques: Jack Lang, Bertrand Delanoë, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rachida Dati, Ségolène Royal, Bernard Kouchner, Roselyne Bachelot, Dominique Strauss-Kahn...

Parmi les non-politiques: Bernard Henri-Levy, Thierry Ardisson, Yannick Noah, André Manoukian, Jane Birkin, Jamel, Florent Pagny, Claire Chazal, Catherine Deneuve, Houellebecq...

Le bobo cherche à se démarquer du bourgeois

Pour ne pas tomber dans l'hypocrisie de la bourgeoisie traditionnelle, il devient urgent pour le bobo de casser les codes. Les bobos cherchent à se montrer moins attachés à la possession, au patrimoine, à l’épargne, à l’accumulation du capital et aux valeurs traditionnelles. Ils mettent l'accent sur l'authenticité... héritage direct des idées de mai 68.

Ce point n'est cependant pas partagé par le sociologue Bernard Lahire qui assimile les bobos à "une fraction de la classe dominante", estimant que "les bohêmes sont souvent des enfants de bourgeois, qui possèdent les moyens culturels liés à leur éducation".

Bourdieu, pour sa part, estime que les "tribus" de bobos utilisent les nouvelles technologies, pratiquent le yoga, le végétarisme... comme stratégies pour se distinguer de la bourgeoisie classique.

Jacques Ellul avait déjà perçu que la bourgeoisie de la fin du 20ème siècle avait amorcé une inévitable mutation sociale destinée à faire croire à sa disparition derrière une nouvelle allure qui prendrait des formes de "tribalisation".

En d'autres termes, le bobo est un petit bourgeois snob qui essaie de masquer l'étiquette de sa marque.


Les caractéristiques du bobo

Le bobo...

  • Habite de préférence au centre des grandes villes,
  • Rejette le luxe et l'affichage ostensible de la richesse de la bourgeoisie classique,
  • Affiche un conformisme raffiné avec un certain désordre, et une relative désinvolture,
  • Affiche une sensibilité aux valeurs de gauche et/ou écologistes,
  • Accepte des différences... jusqu'à un certain point,
  • Affiche une ouverture d'esprit, une certaine tolérance et un sens de la solidarité,
  • Fréquente les marchés et magasins bio, les AMAP, les brocantes et les vide-greniers...
  • Affiche un certain snobisme, parfois de l'arrogance,
  • Se déplace à vélo.

Clichés et contradictions du bobo

Extraits de Figaro Vox

Il mange des tomates cultivées en bas de chez lui mais sa conception du circuit court c'est aussi d'acheter un t-shirt made in Brooklyn.

Chez lui, il y a autant de broc que de design.

Il défend l'éthique dans l'étiquette du vin mais il ne bronche pas quand il est pris en otage par Apple.

Un burger standardisé chez McDo non, mais un latte chez Starbucks de temps en temps, ça lui rappelle ses voyages aux States.

La gastronomie oui, mais accessible: le bobodrame, c'est de réaliser que le restaurant où il va dîner n'est pas recommandé par Le Fooding mais par le Michelin.

Citoyen de la ville monde et de son quartier village, le bobo est à l'aise dans la mondialisation.

Les frontières, c'est pas son truc: sa cuisine est ouverte sur sa salle à manger qui fait office de salon.

Il ne mange pas, il fait un brunch.

Il ne va pas à la salle de sport, au concert, ou au théâtre mais il fréquente des lieux géniaux gérés par un type super ou un collectif vachement actif, où l'on fait un peu de tout.

Comment sont-ils perçus?


Par les Français

Selon un sondage réalisé en 2013 par YouGov pour Slate, le bobo est d'abord associé à ses revenus. Il est vu comme

  • un individu riche pour près d'un tiers des répondants (32%)
  • au style tape à l'œil (33%).
  • détachés de la réalité (32%)
  • hypocrite (28%).

Par Médiapart:

Les "bobos"d’aujourd’hui seraient les héritiers de la "gauche caviar"des années 1980, mais moins tentés par l’œuf d’esturgeon que par le bio…

Par les Inrockuptibles:

Les bobos ont hérité de la contre-culture des années 1960 (contre la guerre du Vietnam, élevés au biberon du rock et du mouvement hippie).

"Ils se promènent en couple le long du canal Saint-Martin avec une poussette à trois roues, en parlant de leur dernier voyage en Croatie. Chez eux, un loft sur cour dans une ancienne manufacture, les meubles patinés chinés en brocante côtoient les fauteuils design. Les enfants ont des jouets éducatifs en bois et des doudous équitables. Ils vont au marché bio".

Par L'Obs:

En soi, le terme de "bobos" masque le bourgeois et détourne l’attention des rapports de domination exercés par les classes supérieures.

Par le Point:

Selon Jean Rivière, "Depuis quelques années, beaucoup reprochent aux bobos leur hypocrisie: ils porteraient des valeurs sociétales progressistes tout en adoptant des pratiques d'évitement des classes populaires."

Par Renaud

Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Je vais vous en dresser le tableau...


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