Changer de bocal pour
Changer la société

Immigration

Quand on parle d'immigration aujourd'hui on pense surtout à l'immigration clandestine. Il ne faut pas oublier qu'elle est parfois désirée lorsqu'on a besoin de main d'oeuvre...

Ainsi a t-elle été organisée à grande-échelle en France au début des années 1920, quand la pénurie de main-d'œuvre touchait des secteurs aussi divers que l'acier, le charbon, l'automobile et l'armement, avec des lois l'encourageant et avec la création en 1924 de la Société générale d’immigration. Pour en savoir plus, voir le musée de l'histoire de l'immigration.

Migration

Immigration et émigration sont deux variantes du même mot migration. Le premier désigne une migration d'individus de l'extérieur de là où nous sommes vers l'intérieur de là où nous sommes (notre pays). Le second désigne le mouvement inverse. Cette définition n'a d'autre but que de rapporter la réflexion à des choses très simples, très "terre à terre".

 

Sauvetage de migrants naufragés
Sauvetage de migrants naufragés.

Regardez les populations animales dans la jungle: Ils stagnent ou changent de territoire en fonction de l'abondance ou de la raréfaction de leur nourriture.

Sur un territoire donné, remplacez les animaux par une population humaine. Si les conditions de vie sont (ou deviennent) mauvaises et que la population voit qu'elle pourrait être meilleure ailleurs, elle va naturellement vouloir se déplacer du moins bon vers le meilleur. C'est naturel et c'est évident!

A partir du moment où l'accès à la communication et au savoir est devenue planétaire il est évident que les populations jadis exploitées par les colonisateurs ne vont pas continuer éternellement à se laisser exploiter. Elles voudront naturellement, et fort justement, recevoir leur part du gâteau et vont, pour ce faire, migrer vers les eldorados "avancés". Et la pression sera telle qu'il deviendra inutile et absurde de vouloir leur opposer des barrières physiques. Même les murs les plus solides tombent lorsque la pression vient à dépasser la résistance.

 

La migration: un phénomène naturel et mondial

La migration n'est pas autrechose que la loi de l'offre et de la demande. Les pays riches sont l'offre qui attire les populations pauvres qui ne demandent que d'améliorer leur sort.

L'économie occidentale ne jure que par cette loi. Pourquoi ne l'accepte t-elle pas dans le domaine de la migration?

 

Trier les migrants?

Michel Rocard avait déjà dit en décembre 1989: «Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile (…) mais pas plus».
Emmanuel Macron ne dit finalement pas autre chose: Il faut distinguer les demandeurs d'asile des migrants économiques. Les premiers sont des opposants au régime politique qui quittent leur pays pour fuir les persécutions. Les seconds cherchent à échapper aux conditions de vie difficiles engendrées soit par une population trop grande en regard des ressources alimentaires, soit par des catastrophes naturelles, soit par la guerre qui détruit les moyens de vivre.

Le gouvernement voudrait donc continuer à accueillir les demandeurs d'asile au nom de la traditionnelle image d'une France terre d'asile. Les autres seraient soit empêchés de partir de leur pays par des accords bilatéraux, soit refoulés dès leur arrivée.

Or les migrants, quelles que soient les raisons de leur migration, sont des personnes qui fuient la difficulté de vivre dans leur pays. Ce tri des migrants constitue une discrimination inacceptable au regard des Droits de l'Homme. Dans un groupe de naufragés, de quel droit et pour satisfaire quel principe humain pourrait-on venir au secours de ceux poursuivis par des prédateurs pendant qu'on laisserait se noyer ceux qui tentent de gagner la rive pour ne pas mourir de faim?

Une autre discrimination existe entre les migrants pauvres - ces "boatpeople" qui arrivent sur des embarcations inadaptées et dont beaucoup font naufrage - et les autres, les riches, les diplômés, ceux qui peuvent s'offrir un billet d'avion et un visa en attendant un titre de séjour.

Les états de l'Union Européenne n'ont aucune politique migratoire commune. Ils sont divisés sur la façon de gérer l'arrivée des migrants, leur accueil et leur refoulement. Certains veulent fermer leurs frontières en refusant l'accostage des bateaux, en érigeant des murs et en déclarant hors la loi les associations humanitaires qui viennent en aide aux migrants. D'autres veulent parquer les migrants dans des camps de rétention afin de les trier et d'en répartir un petit nombre entre les états membres pour faire bonne figure, la majorité étant reconduite aux frontières...

Les états de l'Union Européenne se montrent capables de cohésion seulement lorsqu'il s'agit d'imposer l'austérité. Ils en sont totalement incapables lorsqu'il s'agit d'humanité. Sont-ils vraiment incapables? Ou ne le veulent-ils tout simplement pas?

Car personne ne parle de l'exploitation des pays pauvres par l'occident, pas plus que de la mondialisation du commerce qui poursuit cette exploitation éhontée. Personne ne parle de la souffrance des migrants. Lorsque les pays riches font la guerre aux régimes dictatoriaux ce n'est pas pour améliorer le sort des ressortissants mais pour sauvegarder les intérêts commerciaux. En fait, les migrants font peur aux classes dominantes: peur de devoir partager leurs richesses et peur de perdre leur statut de dominateurs exploiteurs. Les dominants ne savent qu'appliquer les méthodes qui ont déjà fait leurs preuves dans la gestion intérieure du pays: propagande antimigrants pour obtenir une adhésion populaire intérieure, parcage, division (tri), répression, expulsions...

Mais aucune réflexion de fond n'est menée pour comprendre le pourquoi de l'immigration ni pour définir et mettre en oeuvre une gestion collective et véritablement humaine.

   

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