Changer de bocal pour
Changer la société

 

La présidence d'Emmanuel MACRON
Premiers pas

Les élections présidentielles du 7 mai 2017 ont désigné Emmanuel Macron comme 8ème président de la Vème République. Les résultats du scrutin, présentés en % des seuls suffrages exprimés laissent croire qu'il représente 2 Français sur 3. La réalité du terrain est beaucoup moins flatteuse: 43,6% des inscrits est le vrai score. Cette réalité, ajoutée au fait que le nouveau président se déclare ni de droite ni de gauche, risque de rendre sa gouvernance difficile.

 

 

 

Etat des lieux du début de mandat

Un président "faiblement" élu = faible légitimité

Une majorité absolue à l'Assemblée = absence de débats

Mais abstention record = risque de débat dans la rue

Des députés majoritaires mais inexpérimentés

Un gouvernement, pourtant promis irréprochable, connait ses premières "affaires" dès le premier mois de son existence.

 

Une élection en trompe l'oeil

Premier tour 23/04/2017
Source: Ministère de l'intérieur.

en % des inscrits
en % des exprimés
Inscrits (nombre)
47 582 183
Votants
77,77
Blancs
1,39
Nuls
0,61
Exprimés
75,77
Abstentions
22,23
 
Abstentions + Blancs + Nuls
24,22
 
MACRON
18,19
24,01
LE PEN
16,14
21,30
FILLON
15,16
20,01
MELENCHON
14,84
19,58
HAMON
4,82
6,36
DUPONT-AIGNAN
3,56
4,70
LASSALLE
0,91
1,21
POUTOU
0,83
1,09
ASSELINEAU
0,70
0,92
ARTHAUD
0,49
0,64
CHEMINADE
0,14
0,18

 

Remarque N°1: Emmanuel Macron arrivé en tête avec seulement 18,19% n'a pas mobilisé 1 Français sur 5.

Remarque N°2: La France est désormais divisée en 5 blocs inconciliables:
1- Les insatisfaits (Abstentionnistes + Blancs et nuls): 24,22%, largement majoritaires soit près de 1 personne sur 4.
2- La nouvelle droite d'Emmanuel Macron: 18,19%
3- l'extrême droite de Marine Le Pen: 16,14%

4- L'ancienne droite de François Fillon: 15,16%
5- La nouvelle gauche de Jean-Luc Mélenchon: 14,84%

Remarque N°3: Les partis traditionnels ne sont plus considérés comme les porteurs d'espoir politique: PS et LR sont en voie de décomposition.

Remarque N°4: La bourse fait un bond de +4% dès le jour suivant le premier tour (Les banques caracolent à +10% !!!) ce qui montre que Macron inspire confiance à la sphère de l'ARGENT. Logique puisque M. Macron est un pur produit de la finance.

Deuxième tour 07/05/2017
Source: Ministère de l'intérieur.

en % des inscrits
en % des exprimés
Inscrits (nombre)
47 568 588
Votants
74,56
Blancs
6,35
Nuls
2,21
Exprimés
66,01
Abstentions
25,44
 
Abstentions + Blancs + Nuls
34,00
 
MACRON
43,63
66,10
LE PEN
22,38
33,90

 

Remarque N°1: Les insatisfaits (Abstentionnistes + Blancs et nuls) représentent maintenant plus du tiers de la population.

Remarque N°2: L'abstention ne contribue aucunement à favoriser l'extrême droite. En effet, les reports de voix pour Marine Le Pen au second tour viennent d'abord des électeurs de Dupont-Aignan qui s'est rallié à elle. Ils viennent ensuite d'une bonne moitié des électeurs de Fillon, puis d'une part des électeurs de tous les autres candidats. Ces seuls reports auraient dû se traduire par un gain bien supérieur à 6% des inscrits. Ce ne sont donc pas les abstentionnistes qui ont participé à ce très faible report.

Pendant ce temps, Macron bénéficie d'un report de +25% et les insatisfaits (Abstentionnistes + Blancs et nuls) font un bond de +10%. C'est une réfutation éclatante de la rumeur tenace qui prétend que l'abstention favorise les extrêmes.

Remarque N°3: Le second tour confirme qu'Emmanuel Macron ne représente qu'une partie très minoritaire des Français.
---> Car le score de 43,63% des inscrits est encore loin d'une majorité de 51%
---> De ce score il convient encore de retirer tous les votes qui ne sont, au second tour, que des votes par défaut et par dépit et non des votes par adhésion.
---> Au bout du compte Emmanuel Macron ne représente que 25% des Français, tout juste autant que les abstentionnistes, ...sans compter les blancs et nuls!

Remarque N°4: D'après Franceinfo les non inscrits sur les listes électorales sont 3 millions mais ne sont comptés nulle part. Voilà encore 6% supplémentaires de la population qui sont laissés-pour-compte.

Remarque N°5: De ce qui précède on en déduit aisément 1- que M. Macron est très loin d'être l'icône représentative de la vraie France et 2- qu'il aura toutes les peines du monde à gouverner.

 

 

Premiers pas du nouveau président

15.05.2017: nomination du premier ministre Edouard Philippe, homme conforme à la philosophie Macron: un peu de la gauche oubliée de Rocard, beaucoup de la droite libérale LR, juppéiste, Député Maire du Havre, avocat, 46 ans, ex-directeur des affaires publiques chez AREVA de 2007 à 2010. Objectif de Macron: Fracturer la droite et espérer un ralliement des ténors de LR vers En Marche pour les prochaines législatives.

15.05.2017: Rencontre avec Madame Merkel.
La presse Allemande considère Macron comme "une chance pour la pérennité de l'Europe dans le contexte immédiat du Brexit" mais ironise aussitôt en l'analysant comme "un ami qui risque de nous coûter cher".

Macron hyperprésident

Traditionnellement, un premier ministre nouvellement nommé prononce une déclaration de politique générale devant l'Assemblée Nationale pour présenter le programme du gouvernement. Cette déclaration était simultanément lue devant les sénateurs.
Devançant le premier ministre, le président Macron décide de convoquer le parlement (Assemblée + Sénat) à Versailles pour un discours destiné à cadrer l'action du gouvernement.
Nous entrons dans une ère d'hyperprésidentialité.

L'hyperprésidentialité se manifeste à nouveau le 13.07.2017 avec le recadrage public du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers et le caporalesque et burlesque "Je suis votre chef!" adressé à l'Armée tout entière.

Un vent de fronde se lève, fin juillet, au sein même du mouvement En Marche. Une trentaine de marcheurs considérant que « Les statuts proposés cantonnent les adhérents à un rôle de supporter et les excluent de la gouvernance, aussi bien locale que nationale » se constituent en collectif pour contester, jusque devant le Tribunal de Grande Instance de Créteil, le manque de démocratie interne.

Promesses, réalités et ... déceptions

Les premières mesures concrètes du Gouvernement consistent à raboter de 5 €/mois les APL de 6,5 millions de personnes, à réduire le nombre des contrats aidés et à augmenter la CSG pendant qu'on libéralise l'ISF pour une poignée de nantis: Dès la ligne de départ, les pauvres paient les cadeaux faits aux riches!

Moralisation de la vie politique: Le 29.07.2017 l'Assemblée a voté une "certaine loi de moralisation" mais dont le contenu est très loin de l'annonce du candidat Macron: l'interdiction de l'emploi familial par les parlementaires est limitée aux parents au premier degré: conjoint, enfants, parents, fratrie. Il n'est plus exigé de casier judiciaire vierge pour être candidat aux élections...

40% d'opinions favorables après 4 mois de pouvoir
Les réseaux sociaux t
émoignent de la déception d'avoir voté Macron et LREM. Fin août 2017 "Jupiter" dégringole de son nuage céleste: Les Français ne sont plus que 40% à se déclarer satisfaits de son action. Voir Sondage IFOP.

Les maires et les élus locaux protestent contre la politique budgétaire imposée par Macron: amputation de leurs recettes (taxe d'habitation) et économies de 15 milliards à réaliser. En signe de protestation et pour sensibiliser leurs administrés, un certain nombre de maires ont décidé, début octobre 2017, d'une journée "Mairie morte".

 

Ordonnances sur le Code du Travail:

La loi dite "El Kohmri" était une loi déjà initiée par le ministre Macron. Elle a rencontré une très forte opposition populaire et n'est passée que par l'utilisation du 49.3. Le président Macron veut aller encore plus loin: remodeler le Code du Travail pour rendre les conditions de licenciement plus flexibles afin, dit-il, de favoriser la création d'emploi.

Le Code du Travail a été conçu pour protéger les travailleurs, pas pour créer des emplois. Son assouplissement ne peut que desservir les travailleurs. Le plafonnage des indemnités de licenciement prud'hommales est certes une mesure favorable à l'employeur. Mais en quoi ce nouveau cadeau au patronat est-il générateur d'emploi? Les deux plus grandes causes du chômage sont 1- le recul de l'industrie et la robotisation des tâches manufacturières, et 2- la saturation de la consommation.

Le 02.08.2017 le parlement a définitivement adopté la loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour réformer le code du travail. Dévoilées le 31.08.2017 elles signent le démantèlement massif des acquis sociaux consignés dans le Code du Travail:

  • Dans les entreprises de moins de 50 salariés les patrons pourront désormais se passer des syndicats. Pour faire valoir leurs droits les salariés ne pourront plus compter que sur eux-mêmes.
  • Le patron pourra licencier, en toute impunité, sans cause réelle et sérieuse, les indemnités seront même plafonnées par la loi Macron.
  • Conséquence: Le Conseil des Prud'hommes, qui n'aura donc plus à juger des abus, est appelé à disparaître.
  • Les licenciements collectifs pour motif économique seront désormais possibles, au gré du patron, même si l'entreprise fait des bénéfices.

Comme prévu les organisations patronales se déclarent très satisfaites de leur contenu:

  • Le Medef salue "une première étape importante dans la construction d'un droit du travail plus en phase avec la réalité quotidienne des entreprises". La terminologie "une première étape" signifie qu'il en veut encore plus!
  • L'Union des entreprises de proximité (U2P) s'est déclarée "pleinement satisfaite" et se félicite "du message très fort, du message d'espoir" en faveur des chefs d'entreprise.
  • La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François a salué "des ordonnances particulièrement pragmatiques, qui collent à la réalité du terrain".

Il s'agit d'une régression historique du droit du travail: La loi ne primera plus sur les "accords" d'entreprise, renouvellement sans fin des CDD, fin du compte pénibilité...

Les organisations syndicales réformistes F.O. et CFDT notamment, se montrent plutôt satisfaites des ordonnances. Elles se contentent de regretter la perte de leur prérogative "d'interlocuteur obligatoire" dans les petites entreprises et s'accomodent fort bien de leur perte de pouvoir dans les négociations salariales. Seule la CGT a appellé à manifester le 12 septembre 2017.

Cependant la base des syndicats réformistes conteste cette non-réaction, contestation qui obligera, fin septembre, la direction de F.O. à revoir sa "collaboration" aux ordonnances Macron. Début octobre c'est la base de la CFDT qui enjoint à sa direction d'appeler à durcir le ton.

Parallèle à faire entre syndicats et pouvoir politique:

Aujourd'hui, les uns comme l'autre ne sont représentatifs que d'une minorité. Et pourtant ce sont bien les représentants de ces minorités qui nous gouvernent et qui sont sensés défendre le petit peuple.

Les conséquences des ordonnances se mesureront à l'aune de l'évolution du chômage.

35% d'opinions favorables après 6 mois de pouvoir
Selon le sondage Harris interactive publié le 4 novembre 2017 seulement 35% des Français se disent satisfaits de la politique d'E. Macron.

 

Premier gouvernement Philippe

Un gouvernement ultralibéral avec un premier ministre et un ministre de l'économie - Bruno Le Maire - issus du parti des Républicains.

Un gouvernement explosif: Un premier ministre pro nucléaire et un ministre de l'écologie - Nicolas Hulot - qui veut la fermeture de Fessenheim.

Une parité Hommes-Femmes virtuelle: Si la parité est respectée en nombre, ce n'est pas le cas en responsabilité. Les ministères clés: intérieur, Economie, Europe et Affaires Etrangères, Justice, Education Nationale, Agriculture et Alimentation sont tenus par des hommes.

La moitié du gouvernement est non élu: Les 11 membres de la société civile n'ont jamais exercé de mandat électif.

 

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